Crédit immobilier – Faut-il faire appel à un courtier ?

Le rôle du courtier est d’aller rechercher pour vous le meilleur crédit et la meilleure assurance en termes de rapport qualité-prix. Vous lui fournissez toutes les informations sur votre situation professionnelle et familiale et il se charge ensuite de vous trouver des propositions bancaires attractives, compte tenu de votre profil et de vos demandes. Ne croyez pas que, comme vous pourriez le faire vous-même, il va aller visiter toutes les banques avec votre dossier sous le bras. Non. Il a déjà passé un accord avec un certain nombre d’établissements qui lui garantissent des prix normalement en dessous de ceux pratiqués au guichet pour ses clients. En croisant les informations vous concernant et les politiques commerciales du moment, le courtier sait déjà vers quelles banques il va s’orienter pour obtenir les meilleures offres de crédit et d’assurance et vous les présenter. C’est vous, ensuite, qui décidez celle qui vous convient le mieux. Ou pas. Rien ne vous oblige à en accepter une. Il y a une dizaine d’années, en passant par un courtier, on était assuré de bénéficier d’un taux de crédit allégé de plus d’un demi-point. Cela faisait une grande différence de coût et la plus-value de leur intervention était une évidence. Mais, actuellement, avec des taux au plus bas, le jeu en vaut-il toujours la chandelle ?

UNE PETITE RISTOURNE SUR LE TAUX

« Aujourd’hui, nous parvenons à obtenir des taux inférieurs de 0,20 à 0,30 point à ceux proposés en direct aux candidats emprunteurs, indique Maël Bernier, Directrice de la communication de Meilleurtaux. Par exemple, pour un crédit de 200 000 € sur quinze ans, la différence entre un taux nominal brut (hors frais de dossier, d’assurance et de garantie) de 1 % et un taux de 1,30 % représente près de 5 000 €. C’est toujours ça de gagné ! » Il n’y a pas de petites économies. L’avantage des courtiers est qu’ils suivent attentivement les politiques commerciales des banques et qu’ils peuvent vous faire profiter de « fenêtres de tir » temporaires, dont vous n’avez pas forcément connaissance. Par exemple, parce que telle banque souhaite attirer des clients de tel profil (la domiciliation bancaire est l’objectif), elle va leur accorder des taux très avantageux pendant trois mois. Si vous êtes dans cette catégorie, le courtier va vous proposer le crédit avec ce taux d’appel imbattable. Bémol : encore faut-il qu’il soit en affaires avec cette banque car un courtier ne travaille jamais avec 100 % des établissements. N’hésitez pas à vous renseigner.

ET UN ACCOMPAGNEMENT SUR L’ENVIRONNEMENT GLOBAL

« Le courtier prodigue un accompagnement rassurant du début à la fin de l’opération, ajoute Cécile Roquelaure, directrice communication & études d’Empruntis, car il s’agit d’un moment très anxiogène pour nombre d’emprunteurs. Nous commençons souvent par un calcul d’enveloppe globale. Beaucoup ne pensent pas, par exemple, à se renseigner sur toutes les possibilités qui se présentent à eux (en dehors du crédit classique distribué par leur banque). Notre service offre une information complète sur les crédits réglementés et aidés auxquels ils peuvent avoir droit. Le cas échéant, en intégrant un PTZ, un crédit d’une collectivité locale et un autre d’Action logement, par exemple, nous parvenons à accroître le montant pouvant être emprunté… et donc la taille du logement convoité. Ce qui est toujours une belle surprise. »

L’information sur l’ensemble du panel de crédits aidés est, en effet, rarement donnée par son banquier. Ni procurée par tous les courtiers… Lorsque tel est le cas, c’est un service réellement intéressant tant la connaissance de cet environnement est faible chez les candidats emprunteurs. Ceux-ci peuvent aussi se tourner vers les Adil (agences départementales d’information sur le logement) qui renseignent gratuitement sur ces prêts bonifiés.

POUR QUEL COÛT ?

Les courtiers sont principalement rémunérés par une commission bancaire sur les crédits qu’ils ont contribué à « vendre ». Les politiques tarifaires diffèrent. « Le service est gratuit lorsque le conseil se fait uniquement par Internet et par téléphone, indique, par exemple, Maël Bernier, de Meilleurtaux. Mais il devient payant (1 300 € conseillés dans le réseau) lorsque l’accompagnement est réalisé par un conseiller en agence, mandaté par le client. » « Chez Cafpi, signale Philippe Taboret, le mandat de recherche est rémunéré 1 % du montant emprunté. Pour un crédit de 200 000 €, le coût atteint donc 2 000 €. Cela comprend l’accompagnement des clients à chaque étape du projet jusqu’à la signature chez le notaire. » En règle générale, les frais de courtage sont fixes et évoluent entre 900 et 1 500 €. L’addition est à acquitter le jour de la vente effective, au moment du déblocage des fonds chez le notaire. N’avancez pas d’argent avant cette date.

UNE PROFESSION ET DES PRATIQUES RÉGLEMENTÉES

Depuis quelques années, les 6 000 courtiers en crédit immobilier – dont la moitié est indépendante des grands réseaux – a une obligation de formation au départ, puis continue. Les règles sont strictes, comme en témoigne Sophie Ho Thong, présidente de Jaimemoncourtier.fr. « Dès que l’on passe la porte d’un courtier, la transparence doit être de mise : tarification, traitement des réclamations, nombre de banques partenaires et liste de ces dernières ou encore explication sur le calcul du montant de la commission de la banque. Le mandat signé par le client qui faisait une page au départ, en compte désormais dix… Il recense les besoins et desiderata de l’acquéreur et fournit des informations générales sur la mission du courtier et le financement immobilier. Le courtier effectue des simulations, trois en général et une fiche conseil est délivrée au client une fois qu’une proposition est obtenue auprès des banques sollicitées. Cette fiche doit décrire le produit sélectionné avec précision afin de permettre à l’emprunteur de faire son choix en toute connaissance de cause. »

 

Source : UFC-Que Choisir