Qui sont les femmes qui empruntent en solo ?

Les femmes qui empruntent seules pèsent près de 33% du total des particuliers qui souscrivent un crédit immobilier. Un chiffre en légère progression depuis un an. Découvrez le profil des femmes qui ont emprunté en 2017.

«Nous n’attendons pas monsieur pour commencer?» C’est la question qu’un banquier a posée à une cliente, âgée de 25 ans, venue lui présenter son projet immobilier. Pour souscrire un crédit, mieux vaut être en couple, comme le confirme une récente étude du courtier VousFinancer. «À revenus équivalents, un homme célibataire ne sera pas favorisé par une banque au détriment d’une femme célibataire», affirme Cécile Roquelaure, d’Empruntis. Sauf que les revenus des femmes sont, en moyenne, 16% moins élevés que ceux des hommes, selon Eurostat.

Forcément, cette différence a des conséquences sur leur capacité d’emprunt. Pour un emprunt à 1,4% sur 20 ans, une cadre qui gagne 3561 euros* pourra emprunter 245.863 euros quand son homologue masculin (qui gagne 4451 euros par mois*) obtiendra un prêt de 307.348 euros. Soit un écart de plus de 61.000 euros. Autre exemple: prenons des employés. Leurs salaires étant moins élevés, les taux d’emprunt seront plus élevés. Pour un crédit à 1,7% sur 20 ans, l’employée, qui gagne 1591 euros par mois* pourra emprunter 106.751 euros quand l’employé, qui gagne 1739 euros par mois*, aura droit à un crédit de 116.714 euros.

L’entourage des femmes les soutient plus

Malgré ces écarts, les femmes tentent leur chance auprès des banques. Si la part de celles qui empruntent en solo reste nettement supérieure à celle des hommes en 2017 (68% contre 32,6%), elle est en légère progression par rapport à celle enregistrée en 2016 (30%), selon le courtier Empruntis. «Les mentalités de l’entourage des femmes ont évolué, explique Cécile Roquelaure. Il y a trois ans, leurs proches les désincitaient à investir dans l’immobilier. Ils considèrent les hommes comme des investisseurs et les femmes comme des consommatrices. Aujourd’hui, la donne a changé: ils les soutiennent».

Près de 90% des femmes célibataires ont investi dans une résidence principale. Pour certaines, cet investissement représente une forme de sécurité pour l’avenir. «Je sais que j’ai signé pour 25 ans mais je vais laisser quelque chose à mes enfants», témoigne une propriétaire à Metz, âgé de 42 ans. L’investissement reste encore très marginal. «Nous avons tout de même remarqué que la part d’investisseurs locatifs féminins a augmenté chez les moins de 30 ans en 2017 (+ 2 points à 7%)».

En cette journée internationale des femmes, le courtier Empruntis s’est intéressé au profil des femmes célibataires qui veulent acquérir un logement. Quel que soit leur âge, les femmes qui ont acheté seules en 2017 sont célibataires et pour la plupart sans enfant à charge (voir notre infographie ci-dessous).

* chiffres pour l’année 2015 publiés fin 2017 par l’Insee

Source : Boursorama